« Malin » et « bénin » sont deux adjectifs en -in qui ne suivent pas la règle habituelle de formation du féminin. Comme « voisin » donne « voisine », on est tenté d’écrire « maline ». L’Académie française recommande pourtant « maligne ». Découvre quand telle ou telle forme est acceptée.
Au féminin, « malin » devient « maligne »
Règle : les adjectifs en -in forment presque tous leur féminin en ajoutant un -e :
- « fin » donne « fine »
- « enfantin » donne « enfantine »
- « sanguin » donne « sanguine »
- etc.
« Malin » et « bénin » font exception : au féminin, ils deviennent « maligne » et « bénigne ».
- Ma petite sœur est très maligne, elle trouve toujours la réponse avant moi.
- Le médecin a rassuré Léa : sa tumeur est bénigne.
Pourquoi ce « g » ? Les deux adjectifs viennent du latin malignus (« méchant »), et benignus (« bienveillant », « doux »). Selon l’Académie française, malignus est formé de malum, « mal », et de gignere, « engendrer ». À l’origine, l’adjectif signifie donc « qui engendre le mal ». Le « g » latin s’est effacé du masculin, mais il est resté au féminin.
« Malin » n’est pas le seul adjectif dont le féminin change de terminaison : « public » devient « publique ».
« Maline » : une forme familière, tolérée dans un seul sens
Selon le Trésor de la langue française (TLFi), la forme « maline » existe dès le XVIe siècle. Zola, Verlaine et Péguy l’ont employée, et Rimbaud a intitulé l’un de ses poèmes « La Maline » (1870).
L’Académie française constate son succès sans la recommander, dans sa rubrique Dire, ne pas dire :
La forme correcte est maligne. Mais force est de constater que, par analogie avec des couples comme gamin/gamine, la forme maline se rencontre de plus en plus.
Selon le dictionnaire Larousse, « maline » s’emploie surtout à l’oral, au sens de « malicieuse, astucieuse ». Pour un texte soigné, il conseille « maligne ». Tout dépend donc du sens de l’adjectif :
| Sens de l’adjectif | Exemple | « Maline » possible ? |
|---|---|---|
| Rusé, astucieux | Ta cousine est maligne, elle a deviné la fin du film. | Oui, à l’oral ou entre amis |
| Qui cherche à nuire | Il y avait une joie maligne dans son regard quand j’ai perdu. | Non |
| Dangereux, en médecine | Les examens ont révélé une tumeur maligne. | Non |
L’astuce : pense à la tumeur bénigne ou maligne
Astuce : en médecine, une tumeur est soit « bénigne », soit « maligne ». Ces deux contraires forment le même duo d’exceptions et se terminent tous les deux par -igne. Retiens ce couple, et tu retiendras le féminin de « malin ».
- Heureusement, la tumeur n’était pas maligne.
Attention : « bénigne » n’a pas de forme familière. « Bénine » est toujours une faute.
Questions fréquentes
« Maline » ou « maligne » : quelle orthographe choisir ?
« Maligne » est correcte dans tous les sens de l’adjectif : rusée, malveillante ou dangereuse. « Maline » est tolérée seulement au sens de « rusée », dans un registre familier. Entre amis, tu peux dire elle est maline ; dans une copie, écris elle est maligne.
Comment se prononce « maligne » ?
« Maligne » rime avec « ligne » : le « gn » se prononce comme dans « montagne ». « Maline », elle, rime avec « gamine », avec un « n » simple. Prononcer « maligne » à voix haute t’aide donc à l’écrire correctement.
« Faire la maline » ou « faire la maligne » ?
Le dictionnaire de l’Académie française écrit « faire le malin, la maligne ». L’expression signifie « fanfaronner », c’est-à-dire se vanter pour se faire remarquer. À l’écrit, garde le « g » : Arrête de faire la maligne et viens nous aider.
« Elle a l’air malin » ou « elle a l’air maligne » ?
Les deux existent, selon le sens. Si « avoir l’air » signifie « sembler », l’adjectif s’accorde avec le sujet : Elle a l’air maligne. S’il décrit sa mine, il s’accorde avec « air », qui est masculin : Elle a l’air malin des enfants qui préparent une farce. Par ironie, « avoir l’air malin » signifie aussi « avoir l’air ridicule », selon l’Académie française.
Que signifie « les grandes malines » ?
Ici, « maline » est un nom, et non plus un adjectif. Ce mot vieilli désigne une grande marée, à la nouvelle ou à la pleine lune. Il s’emploie surtout au pluriel : Les grandes malines ont découvert des rochers inconnus. L’Académie française recense aussi « malines », une dentelle très fine fabriquée à l’origine dans la ville de Malines, en Belgique.
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