« Pas de souci » et « pas de soucis » sont deux formes correctes, mais elles ne disent pas tout à fait la même chose. Voici quand employer le singulier ou le pluriel, l’astuce pour trancher et ce que l’Académie française reproche à l’usage qu’on fait de cette expression.
Singulier ou pluriel : le sens décide
Règle : après « pas de », le nom qui suit peut s’écrire au singulier ou au pluriel. Tu choisis selon ce que tu veux signifier : ne pas avoir un seul souci ou plusieurs.
« Pas de souci » : un seul souci, ou aucun
Le singulier convient quand tu penses à un souci particulier, au sens d’inquiétude. Il convient aussi quand le nom désigne une idée générale, qu’on ne compte pas. Ce choix suit la logique : « pas » annonce zéro souci, donc rien à mettre au pluriel.
- Ne te fais pas de souci pour ton oral : tu l’as bien préparé.
- Il n’a pas de souci à se faire : son dossier est complet.
- Avec deux réveils, pas de souci de retard demain matin.
« Pas de soucis » : plusieurs soucis possibles
Le pluriel convient quand tu écartes plusieurs soucis qui auraient pu se présenter. Tu insistes alors sur leur nombre.
- Je n’ai pas de soucis ce mois-ci : le loyer est payé et le stage est trouvé.
- La voiture sort du garage, donc pas de soucis mécaniques avant longtemps.
« Pas de souci » : bon usage
L’Académie française ne critique pas l’orthographe, mais l’emploi de l’expression. Elle s’en explique dans sa rubrique Dire, ne pas dire :
On entend trop souvent dire il n’y a pas de souci, ou, simplement, pas de souci, pour marquer l’adhésion, le consentement à ce qui est proposé ou demandé, ou encore pour rassurer, apaiser quelqu’un, Souci étant pris à tort pour « difficulté », « objection ».
Selon les cas, on répondra simplement oui, ou bien l’on dira Cela ne pose pas de difficulté, ne fait aucune difficulté, ou bien Ne vous inquiétez pas, Rassurez-vous.
Un souci est une inquiétude. Quand quelqu’un te demande un service, personne n’est inquiet : le mot tombe à côté. Dans un message à un professeur, un recruteur ou un client, réponds plutôt avec l’une de ces tournures :
- Pouvez-vous décaler le rendez-vous à jeudi ? → Oui, jeudi me convient.
- Puis-je rendre mon dossier vendredi ? → Cela ne pose aucune difficulté.
- Excusez-moi pour mon retard. → Ne vous inquiétez pas, nous commençons à peine.
Entre amis, l’expression est très répandue. Si tu préfères écrire « ne t’inquiète pas », découvre pourquoi ce verbe ne prend pas de -s à l’impératif.
Questions fréquentes
« Pas de souci » ou « pas de soucis » : avec ou sans s ?
Les deux s’écrivent. Mets le singulier pour une inquiétude précise ou générale, et le pluriel quand tu écartes plusieurs soucis. Exemple : Ne te fais pas de souci : avec ce budget, nous n’aurons pas de soucis d’argent cet été.
« Aucun souci » : avec ou sans s ?
Sans s : écris « aucun souci », jamais « aucun soucis ». Selon l’Académie française, « aucun » ne passe au pluriel qu’avec un nom sans singulier, comme « frais », ou dont le sens change au pluriel. « Souci » n’est dans aucun de ces cas : Je n’ai aucun souci avec ce logiciel.
« Pas de problème » ou « pas de problèmes » ?
La règle vaut pour tous les noms après « pas de ». Tu peux donc écrire « pas de problème » ou « pas de problèmes », « pas de difficulté » ou « pas de difficultés ». Là aussi, le singulier domine dans les livres. Exemple : Ce trajet en bus ne pose pas de problème.
« Ne te fais pas de souci » ou « ne te fais pas de soucis » ?
Les deux formes sont correctes, et les écrivains emploient l’une comme l’autre. Dans Le Tango du mal-aimé, Sergio Sinay écrit : « Ne vous faites pas de souci, Edwin. » Les Lettres à Ottla de Kafka, en traduction, donnent le pluriel : « ne te fais pas de soucis à cause de l’école ».
Singulier ou pluriel, tu as donc le choix ; dans un écrit soigné, remplace plutôt l’expression elle-même.
Pour prolonger ta lecture avec Marcel, découvre pourquoi on écrit « chiffre d’affaires » au pluriel.


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